Les évolutions du territoire ont composé sa réalité d’aujourd’hui, une organisation spatiale complexe qui est la matière première du projet communal.
La partie agglomérée d’Aix-en-Provence, le centre-ville au sens large (jusqu’à l’Arc au Sud, le Jas de Bouffan à l’Ouest, Saint Eutrope au Nord et Pont de Béraud à l’Est) couvre 1800 ha environ soit moins de 10% de la surface de la commune. Elle accueille environ 75% des Aixois.
Le centre historique (70 ha), remarquable pour son patrimoine et son
urbanité, identifie la ville et concentre les attentions. L’opération de renouvellement urbain de Sextius-Mirabeau l’a ouvert et étendu vers l’Ouest. Mais en dehors de cette opération, l’animation centrale peine à se diffuser par-delà une ceinture de boulevards peu amènes, aux quartiers de la première couronne. Les quartiers Nord et Est, les Fenouillères ou encore le Pigonnet, présentent des qualités remarquables à identifier et à préserver (rues verdoyantes, maisons de faubourg, jardins suspendus…). Au-delà de l’A51, les extensions volontaristes des années 1970 ont créé des quartiers à l’identité forte qui ont aussi leurs qualités propres. Tous ces quartiers de la première couronne pourraient présenter un potentiel "d’intensification" sur des espaces bien circonscrits, où habitat et services de proximité pourraient être renforcés.
Plus en périphérie, les secteurs les plus récemment urbanisés ont brouillé la limite entre ville et campagne faisant parfois basculer le paysage dans la banalité, en particulier à l’Ouest du Jas de Bouffan et au Sud de l’A8. Le traitement qualitatif de ces secteurs à la frange du centre urbain, en exploitant leur potentiel de développement résiduel, doit en faire de véritables quartiers de la ville, respectueux de la campagne environnante.
Au Sud de la commune, les espaces d’activité et le nouveau quartier
résidentiel de la Duranne représentent un contrepoids important, un
morceau de ville en devenir dont l’enveloppe couvre environ 1000 ha.
L’ensemble la Duranne - Petit Arbois - Plan d’Aillane - ZA des Milles –
Pichaury - La Robolle, avec un potentiel de 15.000 à 20.000 habitants et
30.000 emplois, présente la taille d’une ville sans ses attributs. C’est un territoire fragmenté par les infrastructures routières.
Les villages et hameaux (Luynes, les Milles village, Puyricard, Celony, les
Platanes…) ponctuent le reste du territoire partagé entre agriculture, espaces
naturels et de larges secteurs d’habitat diffus. Ils disposent de potentialités de
développement, pour autant que l’on s’oriente vers des formes urbaines et densités
compatibles avec la viabilité tant des commerces et services de proximité que du
renforcement de la desserte par les transports collectifs urbains.
Enfin l’habitat des zones NB, très important sur le territoire communal et en Pays d’Aix, contribue au mitage et à l’étalement urbain (environ 2300 ha). Ces zones, plus vraiment naturelles, abritent 20.000 à 25.000 habitants, avec une concentration particulière au Sud du plateau de Puyricard et au Nord de Luynes. S’il a répondu aux aspirations de ses habitants, ce type d’habitat s’est généralement développé au détriment des espaces naturels et agricoles. La construction récente a accentué la tendance puisque la part de l’individuel pur dans les logements autorisés a fortement augmenté entre 1999 et 2006.
C’est ainsi qu’à Aix-en-Provence, moins de 20% de la population est
répartie sur une surface équivalente à celle où vivent 80% des habitants.
Ce phénomène atteint désormais ses limites en termes de desserte, d’équipements, de déplacements, et porte atteinte au caractère remarquable de ces espaces naturels.
Vers une optimisation des espaces urbains
L’espace communal, apparemment vaste, est fortement contraint
aujourd’hui. Etendre davantage la ville reviendrait à transgresser les dernières coupures vertes et à basculer dans une forme de banalisation du territoire.
Pour autant, certains secteurs offrent encore un potentiel de
développement ou de renouvellement qui doit absolument être optimisé.
Les approches à privilégier pour aborder l’urbanisation de ces espaces de
façon cohérente consistent à
couturer les franges des espaces urbanisés (zones agglomérées, habitat individuel) de façon à en marquer les limites.
recomposer les espaces urbains (habitat diffus et renouvellement urbain) par la restructuration ou la requalification des espaces publics et des formes urbaines
urbaniser des secteurs de projet présentant des potentialités et capacités de
desserte satisfaisantes sous forme de projet d’ensemble assurant la meilleure
insertion urbaine, respectant la remarquable qualité paysagère du site et prenant en compte les déplacements

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