Aix-en-Provence, ce sont aussi les fonctions métropolitaines (université,
justice…) et les fonctions économiques plus récentes (sièges d’administrations
et de grandes sociétés…) qui fondent une réelle complémentarité dans l’aire urbaine Aix-Marseille.
Avec 35 254 étudiants inscrits à Aix en 2008-2009, l’enseignement supérieur
est l’un des éléments constitutifs majeurs de l’image de la ville, et contribue
fortement à sa vitalité économique. Les Lettres, le Droit et l’Economie sont des
disciplines dont l’implantation à Aix est historique ; le quartier des facultés, inséré dans la ville, au contact du centre historique, s’est constitué au sein d’un tissu résidentiel qui pose aujourd’hui des contraintes physiques à son évolution. Le processus de restructuration en cours soutenu par la Ville (dans le cadre du
projet national du Plan Campus) doit permettre à l’Université de conforter son rayonnement universitaire international.
Au même titre, et en relation avec la fonction universitaire, la fonction judiciaire
et les activités culturelles sont des éléments primordiaux de la renommée et du
dynamisme de la ville. L’attrait touristique de la commune est important, lié à la
richesse du patrimoine historique et paysager et à son rayonnement culturel.
Les principales fonctions traditionnelles ont pu se redéployer sur place au sein du centre historique, à travers une réappropriation du patrimoine ancien (Cour d’appel, théâtre de l’Archevêché…) mais ont également amorcé un glissement vers l’Ouest (Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Tribunal de Grande Instance…) favorisant une meilleure intégration de ces quartiers à la ville.
Plus récemment, le développement d’activités et services à haute valeur
ajoutée ou technologique a fait d’Aix-en-Provence un pôle d’emplois
métropolitains supérieurs et un des principaux sites tertiaires de France (520 000 m2 de bureaux soit 84% de la CPA, avec une spécialisation de type « bureaux parcs »). Alors que le niveau d’emplois est resté stable dans le centre-ville, entre 10000 à 12000, le pôle d’activités des Milles (ZI des Milles - Pichaury - Robolle - La Duranne) est passé de 11000 emplois en 1990 à 26000 en 2006. Dans le même temps, la proportion d’Aixois travaillant sur le pôle est passée de 40% à moins de 24%.
Depuis les années 1970, le développement d’Aix-en-Provence est donc d’abord
économique. Ce dynamisme s’est encore renforcé au cours de la dernière décennie. Les espaces d’activités du sud aixois font figure de moteurs économiques du Pays d’Aix et de l’aire urbaine Aix-Marseille. L’indicateur de concentration d’emploi (nombre d’emplois pour 100 actifs employés résidant sur la zone) déjà élevé a augmenté, passant de 137 en 1999 à 146 en 2006 (113 pour la CPA). La création d’emplois est passée d’environ 1.100 par an entre 1975 et 1999, à 2246 de 1999 à 2006. Mais dans le domaine du logement, sur la même période, la construction est restée stable en Pays d’Aix et a baissé dans la commune : 551 logements autorisés par an en moyenne entre 1999 et 2006, chiffre en baisse de 32% par rapport à la période 1990-1999.
Le dynamisme économique ajouté à une baisse notable de la taille des ménages (1,96 en 2006), et aux besoins en matière de logements étudiants et sociaux, ont produit une pression évidente sur un parc de logements encore
insuffisamment diversifié, et un accroissement des problèmes de déplacement de par l’éloignement du domicile. L’habitat locatif privé est marqué par une certaine rotation ainsi que des prix élevés et en augmentation. La sélectivité induite par l’attractivité de la commune pourrait à terme menacer son dynamisme.
Le PLU devra donc concilier des objectifs de développement et de protection pour atteindre un certain équilibre entre le développement des fonctions vitales de la commune, la confortation du rôle moteur des fonctions économique et culturelle de la commune dans le cadre de l’environnement intercommunal, l’optimisation de l’organisation spatiale qui va de pair avec une redéfinition des modes de déplacement, le rééquilibrage du déficit "habitat-emploi", tout en préservant une qualité de vie parfois ressentie comme menacée.
Tous les arbitrages nécessaires ne pourront être menés à l’échelle de la commune, car certains, notamment dans le domaine économique, relèvent de l’échelle de l’agglomération ou du bassin d’emploi.

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